Qui es-tu Édith Breton?

| Édith Breton, professeure au Département des sciences fondamentales

Correspondance: Bonjour Édith Breton, merci d’accepter de te prêter au jeu de cette entrevue décalée qui vise à mieux te connaître; Décalée parce que nous visons un portait hors de l’image officielle! Alors première question: comment te décrirais-tu en trois mots?

Édith Breton: J’aurais tendance à dire audace, sensibilité et créativité.

J’ai pris cette photo en plongée sous-marine lors d’un voyage solo en Indonésie. J’avais 20 ans à l’époque…audacieux quand même!

Très bien! À présent, peux-tu nous parler de ton parcours?

Je suis l’aînée d’une fratrie de cinq – cinq filles pour être plus précise! Je le mentionne parce que grandir dans un tel tourbillon d’action (et d’hormones!) a certainement forgé mon caractère et mon parcours de multiples façons. Je suis une femme qui fonce, qui plonge tête première dans l’aventure (littéralement et figurativement) et qui adore relever de nouveaux défis. Professionnellement, mon côté aventurière m’a mené jusqu’en Norvège, où j’ai déménagé avec mes deux minets (et quelques mois plus tard, mon futur mari) pour un postdoctorat à l’Université d’Oslo. Cette audace se reflète aussi dans mon parcours académique particulièrement diversifié : un baccalauréat en réadaptation, une maitrise en biochimie et un doctorat en psychiatrie! Cette combinaison peut sembler aussi cacophonique que les soupers dans ma famille (#IYKYK), mais avec du recul, je constate qu’elle suit un fil conducteur bien précis. En effet, mon parcours m’a permis d’explorer mon intérêt pour le bien-être et les saines habitudes de vie. Il a également fait croitre mon désir de comprendre le monde qui m’entoure afin de faire une différence, aussi petite soit-elle, un pas à la fois.

Mes acolytes, Athos et Lima, qui ont traversé l’océan avec moi pas moins de deux fois!

Beau parcours en effet! Avec ces formations variées, sur quoi travailles-tu maintenant?

Il y a deux grands thèmes de recherche qui m’inspirent énormément en ce moment.

Le premier thème vise à mieux comprendre pourquoi certaines personnes développent des troubles mentaux. Je désire identifier et implémenter des façons de mieux prévenir, diagnostiquer et intervenir, et ce, afin de favoriser le bien-être dans la population générale et d’aider les personnes atteintes de troubles mentaux – et leurs entourages. Pour cela, j’utilise une combinaison d’approches qui proviennent de domaines variés tels que la psychologie, la génomique, la santé publique, la bio-informatique et j’en passe! Jusqu’à maintenant, j’ai beaucoup travaillé sur les troubles alimentaires et la santé des femmes, mais j’élargis petit à petit mes horizons, notamment en explorant des sujets comme la résilience.

Le deuxième thème découle d’une critique qu’on entend fréquemment en génomique psychiatrique : « Ça ne sert à rien! ». Il est vrai qu’à ce jour, peu de découvertes en génomique ont mené à des avancées cliniques concrètes en psychiatrie. Est-ce une raison pour abandonner les études génomiques dans ce contexte? Au contraire! Cela signifie plutôt que la santé mentale est une problématique de santé TRÈS complexe, pour laquelle nous avons besoin de beaucoup de cerveaux, de motivation, d’intersectorialité et de collaborations afin d’innover efficacement. Ainsi, dans ce deuxième thème, je m’intéresse à la manière dont on pourrait mieux intégrer la génomique dans la réalité clinique en santé mentale, pour que ces travaux profitent réellement aux professionnels de la santé et aux personnes atteintes. C’est un sujet qui me passionne sincèrement et il me fera grand plaisir d’en discuter davantage si jamais ces quelques lignes ont pu piquer la curiosité de certains d’entre vous!

Qu’est-ce que tu appréhendes le plus au cours des prochaines années?

Je vais ici faire du pouce sur le deuxième mot que j’ai mentionné plus tôt : sensibilité. Je suis quelqu’un qui s’émerveille facilement des petites choses. J’essaie d’être bienveillante et attentive aux besoins et aux émotions des personnes qui m’entourent – y compris ceux de mes étudiants (même si c’est parfois tout un défi!). Je pense que c’est généralement une qualité, mais il y a un revers à cette médaille. Dans la carrière de chercheure, de prof, et dans le parcours académique en général, on passe inévitablement par des défis, des refus, des commentaires qui nous font sentir comme si on se faisait planter une fourchette dans le cœur (petit clin d’œil ici à une artiste que j’aime bien, Sarah-Maude Beauchesne). On m’a dit que c’est quelque chose qui s’améliore avec le temps, mais j’appréhende tout de même quelque peu la suite de la courbe d’apprentissage!

En science comme en ski, la courbe d’apprentissage peut être abrupte – mais la balade en vaut la peine!

Quelque chose d’inusité chez toi?

J’aime les choses qui prennent du temps – surtout si elles sont colorées. Faire pousser des fleurs. Le tricot. Grimper des montagnes (et idéalement les redescendre…en ski ou en rappel!)

La recherche et le parcours académique, ça a plusieurs points communs avec tout ça. Ce sont des hauts et des bas. Des temps d’attentes. Des moments où on est un peu, pas mal essoufflé, parsemés de petites ou grandes victoires qui font du bien. Ça prend du temps et de la persévérance. Du courage parfois.

Il y a un grand côté créatif dans la recherche que l’on ne voit pas toujours de l’extérieur. C’est l’un des aspects de mon travail que je préfère. Être libre de choisir, parmi une infinie de possibilités, des questions auxquelles j’ai sincèrement envie de répondre. Rallier une équipe pour adresser ces questions de la meilleure façon possible. Rencontrer des personnes plus passionnées et stimulantes les unes que les autres. Foncer. Écrire. Se tromper. Changer de stratégie. Recommencer. À mes yeux, le processus de recherche est rempli de beauté, de couleurs et de dynamisme… à condition qu’on soit armé de patience (et idéalement, de talent(s))!

Édith bien fière de la première tuque qu’elle a tricotée

Finissons avec une dernière question: quelles idées ou projets n’as-tu jamais pu réaliser?

Académiquement parlant, j’adorerais développer un projet de recherche qui combinerait plusieurs de mes passions : les fleurs, le plein air et la santé mentale. Je ne sais pas encore exactement quelle forme cela prendrait (floriculture et bien-être? Alimentation sélective et culture maraichère?), mais pour moi, ce serait vraiment chouette comme projet.

Des partants?

Ma passion depuis mon retour en région : passer du temps dans le jardin et faire pousser des fleurs pour créer des bouquets colorés. Pour moi, il n’y a rien de plus apaisant.

La Correspondance

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