Illustration conçue par Benoit Melançon, École des arts numériques, de l’animation et du design NAD
Numéro rendu possible grâce à la très précieuse collaboration de Marie Fall et de Joanie Desgagné
Éditorial
Frantz Siméon, Rédacteur en chef, ai
Avec la très précieuse collaboration de Marie Fall et de Joanie Desgagné
L’Université, en tant que lieu de formation, milieu de vie et acteur social majeur dont l’influence sur les normes et les pratiques sociales n’est plus à démontrer, constitue sans conteste un levier central pour l’accueil et l’intégration des diversités, tant en son sein que dans la société en général. Faut-il d’ailleurs rappeler que la diversité constitue l’une des caractéristiques fondamentales de l’espace universitaire ? Diversité des points de vue, des cultures, des parcours, des origines et des expériences façonnent depuis toujours la vie universitaire.
Laurent Licata (2018)[1] définit la diversité comme « toute situation sociale dans laquelle des personnes qui se perçoivent ou qui sont perçues par d’autres comme appartenant à des catégories sociales différentes vivent ensemble ». Le concept central demeure ici la différence, de sorte qu’aucune société humaine ne saurait se prétendre homogène, ne serait-ce qu’en raison des écarts d’âge, de sexe, des nuances linguistiques, des provenances régionales, des trajectoires de vie ou encore de la pluralité des expériences. Au Québec, les rivalités entre Montréal et les régions, ou encore, au Saguenay–Lac-Saint-Jean, les distinctions souvent évoquées entre les gens du Saguenay et ceux du Lac, en offrent des illustrations parlantes.
Les diversités sont donc multiples et se manifestent au sein de l’Université à des degrés variés, selon les parcours, les positions et les marges de manœuvre dont disposent les acteurs qui composent cet espace commun. Dans le sillage de l’Université libre de Bruxelles (ULB), qui consacrait en 2017-2018 une année entière à la célébration des diversités, le Journal des professeurs a souhaité ouvrir le débat à l’UQAC autour de cette thématique. Cette réflexion s’inscrit d’ailleurs dans un contexte international marqué, chez nos voisins du Sud notamment, par des remises en question de certaines avancées en matière d’inclusion. Dès lors, une question s’impose : comment assurer un milieu de travail et de vie ouvert, inclusif, bienveillant et enrichi par sa diversité ?
Ce numéro, composé de trois articles, propose des perspectives complémentaires invitant à considérer la diversité comme une force à cultiver, une réalité à reconnaître et un espace à explorer collectivement.
Danser l’amitié pour célébrer la diversité
Catherine Flynn soutient que répondre à cette question suppose d’oser occuper pleinement sa place et de l’assumer, envers et contre les tabous encore profondément ancrés. Elle invite également à valoriser l’amitié et à cultiver une « éthique de la non-compétitivité », seule susceptible, selon elle, de nous élever collectivement et de faire de nos diversités une véritable richesse partagée.
Tenir la posture: réflexion sur la diversité, le leadership et l’Université
Dominic Bizot, pour sa part, rappelle que la diversité constitue désormais une donnée structurelle du travail académique contemporain, exigeant un engagement constant et une remise en question continue des normes dominantes. Son analyse met en lumière les codes implicites qui contribuent à maintenir certaines vulnérabilités structurelles, favorisant certaines catégories au détriment d’autres.
La diversité : un reflet de nos biais cognitifs inconscients ou une opportunité de s’enrichir avec l’autre
Louise Carignan souligne que célébrer les diversités au sein de notre Université requiert d’abord une prise de conscience des biais cognitifs inconscients qui influencent nos pratiques et nos décisions. Elle propose à cet effet une démarche réflexive et critique en treize étapes, invitant à revisiter nos façons de penser, d’agir et d’interagir.
Par ce numéro spécial, nous espérons nourrir une réflexion collective et susciter un dialogue ouvert sur les enjeux liés à la diversité à l’UQAC. Nous souhaitons également que ces contributions encouragent d’autres collègues à partager leurs points de vue afin de prolonger cette conversation essentielle. Enfin, nous souhaitons une cordiale bienvenue à nos trois nouvelle et nouveaux collègues et vous invitons à les découvrir au travers des histoires inspirantes qu’elle et qu’ils nous livrent sur leurs vies et leurs parcours en cliquant sur les liens ci-dessous :
Maria Camila Londono Aristizabal, Rodrigue Ebata et Vincent Huard Pelletier
Bonne lecture !
[1] Vice-recteur en charge de la politique de la diversité et du genre de l’Université libre de Bruxelles (ULB) https://www.youtube.com/watch?v=G4cJ6KbmeyM&list=PLtWiu4yEvwjb

Je ne reconnais plus l’université où j’ai fait carrière pendant plus de 30 ans et dont j’ai participé à la fondation. Ça pue le wokisme.