| Rosalie Rainville, professeure de sociologie au Département des sciences humaines et sociales
Correspondance : Bonjour Rosalie. Peux-tu nous parler un peu de ton parcours universitaire ?
Rosalie Rainville : J’ai réalisé tout mon parcours universitaire en sociologie. J’ai fait mon baccalauréat et ma maîtrise au département de sociologie à l’Université de Montréal (UdeM) et mon doctorat au département de sociologie de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Comme étudiante, j’ai adoré fréquenter ces milieux universitaires et me former au métier de sociologue. J’ai maintenant la chance d’être professeure de sociologie au Département des sciences humaines et sociales à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC). C’est à mon tour de former la relève au regard sociologique, j’en suis très fière !
Sur quoi travailles-tu en ce moment ?
En ce moment, je coenseigne, avec une collègue de l’UQAR également sociologue de l’environnement comme moi, un séminaire au doctorat en développement régional et territorial, c’est très stimulant. Du point de vue de l’enseignement, je travaille aussi sur la création d’un nouveau cours à la maîtrise qui vise à promouvoir la réflexion sociologique et les perspectives critiques entourant les domaines de l’agriculture et de l’alimentation. C’est un cours que j’espère enseigner l’automne prochain.
Côté recherche, je termine actuellement un article avec une collègue sociologue à l’Université de Caen en Normandie. Notre article propose un regard croisé France-Québec sur les résistances paysannes et les luttes contre les logiques productivistes et industrielles en agriculture. Je commence aussi à préparer une enquête sociologique sur les alternatives agricoles et alimentaires dans la région du Saguenay. C’est une région où il y a beaucoup de petites fermes maraîchères, biologiques ou diversifiées et des projets agricoles collectifs et écologiques. D’un point de vue sociologique, ces grappes d’agriculture alternative m’intéressent beaucoup puisqu’elles donnent à voir des manières de cultiver, de vivre et d’habiter différentes. Ce sont des projets et des modes de vie qui méritent d’être davantage mis en lumière à l’heure des changements climatiques et de la remise en cause de modèle agricole conventionnel.
Quel est ou a été le plus grand défi que tu as eu à relever ?
Finir ma thèse de doctorat ! Et dans les temps !

J’avoue que c’est un rite de passage marquant! Quels sont les hasards ou les chances auxquels tu dois les plus belles orientations/réalisations dans ton travail?
Certainement les rencontres avec des professeures et chercheuses inspirantes, des femmes avec qui ça a vraiment cliqué, qui m’ont guidé et protégé dans le monde universitaire et toujours soutenu dans mon travail. J’ai eu la chance d’être bien entourée !
Quels événements de ta carrière ont été les plus inattendus ?
L’enchaînement du doctorat, du postdoctorat et de mon poste de professeure, c’était tellement rapide. Rien ne bouge durant des années et en moins d’un an, tout a déboulé. J’ai soutenu ma thèse de doctorat en sachant quelques jours avant que j’avais obtenu un poste de professeure à l’UQAC. Je mesure vraiment le privilège que j’ai.
Qu’est-ce que tu trouves de plus jouissif dans ton travail ?
Le métier de sociologue et de professeure laisse beaucoup de latitude dans la manière d’organiser et de disposer de notre temps. J’adore que mon travail ne soit pas localisé dans un seul lieu et ne suive pas un horaire conventionnel. Aussi, un autre point assez jouissif, c’est de pouvoir aller voir des personnes et des collectifs qui expérimentent des modèles et des modes de vie alternatifs. Ça donne beaucoup d’espoir, c’est quand même très nourrissant !
Qu’est-ce que tu aimes faire en dehors du travail ?
Cuisiner, jardiner, aller au marché, aller au restaurant, boire du vin! J’aime aussi découvrir comment les gens vivent et mangent. Mon voyage en Corse au mois de mai dernier était un concentré de tous ces plaisirs.

Pour terminer, est-ce qu’il y a des collègues à l’UQAC qui travaillent sur des sujets connexes aux tiens avec qui tu aimerais collaborer ?
Oui, bien sûr, mes sujets de recherche sont pluridisciplinaires et invitent à croiser les perspectives ! Je pense notamment au travail de mes collègues en géographie sur les questions en lien avec la pollution des cours d’eau ou l’importance des microclimats, ou encore aux collègues en agronomie parce qu’ils et elles ont une bonne compréhension et expertise en ce qui concerne la composition des sols et des effets des changements climatiques sur les milieux qui affectent directement les agriculteurs et les agricultrices. Finalement, mes collègues en développement régional, mais aussi en intervention plein-air, qui s’intéressent à la gastronomie nordique et à la cueillette sauvage. Bref, j’entrevois beaucoup de riches collaborations pour les années à venir !
Il me reste à te remercier Rosalie pour ce portait de toi!
Merci pour l’opportunité!